Il ne s'agit pas d'une collection. Ce sont mes outils que j'utilise sur scène ou en enregistrement.

 

J'avoue que les instruments de musique éveillent en moi une fascination qui n'a pas faibli depuis l'enfance. Mais mon but n'est pas d'en posséder le plus possible. J’ai acheté chacun de ces instruments dans un but particulier, souvent lié à mon activité musicale du moment. Découvrir un nouvel instrument est un moment de joie incomparable. Bon marché ou rarissimes, ils sont tous irremplaçables pour moi. Quelques-uns ont été achetés neufs, dans une situation de création d’un groupe, par exemple. Ce sont des « outils » de travail, qui prennent vite les marques de la dure vie sur scène. Mais la plupart sont venus à moi apparemment par le plus grand des hasards. En fait, j’attendais inconsciemment de les rencontrer pour les acquérir. Lorsque j’ai besoin d’un instrument, je ne me jette pas sur le premier site de vente par internet. J’attends simplement qu’il se trouve sur mon chemin. 

 

J'ai fait moi-même les photos. Pas facile d'eviter les reflets sur le vernis des guitares, j'ai fait de mon mieux. Cjiquez dessus pour les agrandir.

Irish Bouzouki Stevens Celtic Knot

Encore une fois, un instrument est arrivé par miracle entre mes mains :

 

Il y a déjà deux ans, j’ai décidé d’introduire le bouzouki irlandais dans ma palette sonore au sein de mon groupe « Wake up Woods » (voir plus bas dans cette rubrique). J’ai acheté un joli bouzouki bon marché que j’ai électrifié. Mais depuis, je rêvais d’un instrument plus délicat, plus riche en sonorité, pour jouer de belles mélodies celtiques. Je ne trouvais que des instruments fabriqués en Europe de l’Est pour des grandes marques, ou des instruments de luthier très chers, et trop éloignés pour que je puisse les essayer. J’ai eu la chance de rencontrer l’excellent bouzoukiste Guillaume Levy, qui possède un merveilleux instrument. Il s’agit d’un Stevens, fameux luthier situé à Munich. J’ai longuement admiré les magnifiques photos du site « Stevens Custom Guitars ». Je rêvais de me faire construire le bouzouki idéal : table en spruce clair, éclisses et fond en palissandre… Mais le prix et le voyage nécessaire m’empêchaient de me décider.

 

Pendant l’été 2020, un soir, je fouille machinalement le Bon Coin. Une annonce me fait sursauter ! Un Bouzouki Stevens à vendre ! Le modèle « Celtic Knot », mon préféré ! Le vendeur est à une heure de route ! Le prix est très intéressant ! La transaction m’a permis en plus de rencontrer un musicien sympathique et talentueux. C’est ainsi que les instruments viennent à moi.

 

C’est un instrument magnifique. Les incrustations de nacre représentent le « Nœud Celtique », symbole apparenté au Triskell. On en trouve des représentation dès 500 ans avant JC. Il a été repris par les Romains puis par les Chrétiens. Les trois éléments représentent l’eau, le feu et la terre. Mais le dessin infini du nœud celtique introduit en plus la notion de continuité de la vie. Savez vous que la théorie des nœuds est une discipline mathématique passionnante ? je vous invite à vous y plonger.

 

Le bois utilisé pour la table d’harmonie se nomme « Bearclaw » : Il s’agit d’un aspect de bois « figuré ». En lutherie, on utilise beaucoup des bois « ondés », ou « tigrés ». Certains érables « bird eyes » semblent ornés de milliers de petits yeux d’oiseaux. Il s’agit le plus souvent de traces de maladies du bois. Les ébénistes les considèrent comme des défauts, mais les luthiers en raffolent. Ces motifs ne modifient pas les caractéristiques sonores de base du bois. Mais il semble qu’ils apportent un léger caractère particulier au son.

Les motifs « Bearclaw » représentent des sortes de grandes virgules claires affectant les lignes de fibre du bois. On dit que ces traces se trouvent sur les arbres où les ours ont l’habitude de faire leurs griffe. Certains esprits chagrins veulent nous faire croire que c’est faux ! Laissez-nous rêver! La marque Taylor a sorti une série spéciale "Bearclaw", et a acheté tout le bois disponible. Il est devenu introuvable sur le marché.

 

Vous arriverez peut-être à distinguer sur la photo les détails de l’excellence de la lutherie. Les filets d’angle ne sont pas en plastique, mais en bois clair chamarré, bordé d’un triple filet noir et clair. La caisse est en plus bordée d’un filet « herringbone » (motif d’os de hareng) emblématique des guitares Martin de haut de gamme. Le dessin général est d’une grande élégance.

 

Je ne vous décrirai pas le son, riche et cristallin, je vous le ferai écouter bientôt.

La " Gratte du Conf' "

 

Lors du confinement dû à l’épidémie de Covid 19, je me suis lancé un défi : Construire une nouvelle guitare avec des éléments que je trouverai dans mes tiroirs et mes cartons, sans avoir besoin de sortir de chez moi :

Cela faisait des années que j’avais mis de côté une ancienne boite de bande magnétique 16mm perfo. On utilisait ces bandes lorsqu’on travaillait en film argentique à la télévision. De retour de reportage, je recopiais les sons de mon Nagra, ou de mon Stellavox, sur ces bandes 16mm, que le monteur synchronisait aux images à l’aide des " claps " et des perforations. Ces boites, en acier anodisé, sont des objets magnifiques. Le métal, légèrement granuleux et les plis de renfort ont une esthétique particulière.

J’avais mis de côté aussi un manche de guitare détruite récupérée dans un vide grenier. D’aspect peu engageant, il était resté bien droit, et pouvait donc être réutilisé.

Il ne me restait qu’a trouver quelques accessoires, mécaniques, chevalet, micro. Depuis plus de quarante ans que je bricole des instruments, j’ai un stock de vieilleries dans lequel je peux piocher.

J’ai placé sur Facebook une photo par jour de l’avancée de mes travaux, et au septième soir, j’ai pu diffuser une petite vidéo du premier chant de la « Gratte du Conf’ » :

 

Vidéo "La gratte du conf'"

 

Ma page Facebook

MARTIN OM-18 "Golden Era"

<< Nouvelle zone de texte >>

Christian Frederick Martin, fils d’un fabricant de guitares, est né en 1796 en Allemagne. Il a émigré au début du 19ème siècle aux Etats Unis, à la suite de conflits corporatistes avec les facteurs de violons qui refusaient à ceux qui faisaient des guitares le titre de luthier. Il a fondé la compagnie Martin qui partage maintenant avec Gibson le sommet de la notoriété en matière de guitares acoustiques.

En 1929, Martin crée un modèle special qui va être le fondateur des modèles actuels, la OM-18. C'est à la demande de Perry Betchel, (1902-1982), virtuose du banjo et de la mandoline que ce nouveau modèle est conçu. Forme plus plate du haut de la caisse, 14 cases hors-caisse, manche plus bombé et plus long, tête pleine et non pas ajourée comme les guitares classiques, autant de détails qui vont fixer les standards de la marque, et, pour beaucoup, ceux des guitares américaines à table plate.

Dans le début des années 2000, en hommage aux modèles mythiques, Martin a proposé la série « Golden Era ». Ce sont des guitares d’exception reprenant à la perfection les guitares d’origine.

Cette OM-18 GE a quelque particularités historiques. Le dos et les éclisses sont en acajou, et non pas en palissandre comme les autres Martin. Cela lui donne un son plus doux, qui la différencie des standards de la marque. Il n’y a aucune décoration en plastique ou en nacre, tout est en bois sur cette guitare. Le logo « Martin » n’apparait pas sur la tête, il est estampillé au dos de celle-ci comme à l’époque. Elle est équipée de mécaniques de banjo, comme celle de Perry Betchel. La pièce d’ébène constituant la touche est d’une qualité phénoménale.

Tous les guitaristes rêvent un jour d’une Martin. Mais quel modèle choisir ? Le catalogue est vaste et les occasions peuvent atteindre des sommes astronomiques. Il y a quelques années, j’étais décidé à me trouver une excellente guitare acoustique pour jouer en solo. Je n’étais pas fixé sur une marque. J’essayais toutes sortes de guitares sans éprouver d’enthousiasme. Je cherchais plutôt une grosse guitare avec beaucoup de basses.

Et puis, dans la vitrine des occasions d’exception d’un marchand de guitares, je vois ce modèle curieux n’indiquant pas de marque à première vue. Je l’essaye, malgré ce gabarit OM qui ne m’intéresse pas à priori. Vous connaissez la suite, coup de foudre, gros chèque, et sensation vertigineuse d’avoir acquis un cheval de course crack parmi les cracks.

Comment vous dire que cette guitare est fabuleuse, que j’en ai pour des années à en tirer le meilleur, que je n’ai jamais joué sur une meilleure guitare.

Vous pouvez écouter deux morceaux joués sur cette guitare:

 

Manuela

That's what I should have said

 

 

GIBSON B25-12 de 1966

(Pour les puristes qui contestent la date: Dans la fin des années 60, la numérotation des Gibson est assez anarchique. Selon les sources Gibson, les guitares n° 820088 à 823830 ont été fabriquées en 1966. Celle ci porte le n° 823573)

Je cherchais une «  12-cordes » depuis longtemps. On en trouve de très bonnes pour pas très cher dans les bons magasins de musique. Mais mes guitares sont toutes un peu « spéciales », j’attendais de trouver l’oiseau rare.

Par une petite annonce, j'ai trouvé cette magnifique Gibson. Une vraie « vintage » fabriquée à Kamalazoo en 1966. Une guitare un peu étrange et inhabituelle.  

Dans le début des années 60, Gibson a produit une série de guitares acoustiques de petite taille, les « B25 ». Rien ne prédisposait ce modèle à être équipé de 12 cordes. En général, on utilise les 12-cordes pour jouer des rythmiques riches et puissantes, on préfère donc les grosses guitares pour cet usage. Gibson le sait bien, et les J200-12 sont des guitares phénoménales. (Je ne dis pas qu’un jour…).

Que peut on jouer alors sur cette bizarrerie ? Dès que j’ai posé mes doigts dessus, c’est un vieux « ragtime » qui en est sorti tout seul. La première note jouée m’a projeté au fond d’un bar sombre, dans un état du sud, quand des musiciens noirs du début du XXème  siècle mélangeaient leur blues rural  au « Rag » qui faisait danser les gens. Le ragtime était le plus souvent joué sur des pianos de bars mal accordés. La guitare 12-cordes permettait de retrouver ce son « bastringue » très apprécié.

Gibson a sûrement dédié cette guitare à ce son, joué en « finger-picking ». Mais la petite a du coffre, et elle se défend aussi très bien en rythmique.

La B25 n’aurait pas supporté l’énorme traction des 12 cordes sans être renforcée. Gibson a préféré l’équiper d’un cordier « trapèze » pour reporter l’effort sur les éclisses.

C’est une guitare très sobre, peu de filets, pas d’incrustations. Mais les bois sont magnifiques. Spruce très régulier pour la table, et acajou très dense pour le fond, les éclisses et le manche. Cinquante trois ans après sa fabrication, aucune déformation, manche impeccable et surfaces parfaites. Les précédents utilisateurs ont été soigneux. Pas la moindre trace de choc. Seul, le vernis de la table présente de fines craquelures, conséquence de variations de température un peu rudes.

Quelle chance d’avoir pu acheter cette guitare! Une vieille Gibson est toujours un instrument magique. 

Guitare à résonateur. (Modèle unique)

J’avais acheté les éléments de cette guitare sur un site américain. La caisse est en métal (feuille de bronze soudée à l'étain). Un cône en aluminium très fin est monté à l’intérieur de la guitare, et amplifie le son selon le même principe que la peau d’un banjo. Le montage s’est avéré difficile car certaines pièces présentaient des défauts, ou ne coïncidaient pas bien. C’est un luthier qui s’en est chargé. Il a modifié certaines pièces pour améliorer la qualité de l’assemblage. Malheureusement, il a fait une erreur. Quand on monte une guitare à résonnateur, on doit coller la touche en dernier, puis qu'on ne peut pas jouer sur la position du chevalet pour régler la justesse. Il a monté cet instrument comme une guitare acoustique traditionnelle. Quand il m'a livré la guitare, elle était irrémédiablement fausse. J'ai rattrapé la situation en fabriquant moi-même un nouveau chevalet, décalé par rapport au centre du résonnateur. C'est dommage, mais le son ne semble pas en avoir trop souffert.

                            

Le son est typique de ces guitares (ne pas confondre avec un « Dobro » dont la caisse est en bois). Très puissant mais pas « ferraillant ». On a l’impression qu’un ampli est caché dans la guitare. Idéales pour jouer le Blues, ces guitares sont très souvent accordées en « open tuning » et jouées en « Slide ». La pièce la plus importante de la guitare s'appelle le "biscuit". C'est une sorte de galette en bois qui supporte le sillet, et qui fait la liaison entre les cordes et le cône. J'en ai réalisé plusieurs pour obtenir le son que je cherchais et affiner la justesse de la guitare du fait de l'erreur du luthier.

Ecoutez là au cours d'un enregistrement radio avec WooD :

Grace (Linda Jacob)

Gibson ES125T de 1960

Les « 125 » étaient à l’origine la version « Cheap » des 175, guitare favorite des jazzmen. Celle-ci a deux particularités : caisse fine, d’où le « T » pour «Thin», et pas de «cutaway», encoches dans la caisse.

Il ne faut pas la confondre avec une guitare de la série ES335. Elle n'a pas de bloc de bois sous le chevalet.

Il y a peu, ces guitares n’étaient pas très prisées des collectionneurs et on en trouvait de belles pour pas trop cher. Maintenant, il y a une vraie mode de ce modèle dans les groupes « de jeunes ». On en voit dans tous les clips.

J’aime la sobriété de cette guitare. La ligne de la caisse est à mon avis ce que Gibson a fait de mieux. Je ne me lasse pas de l’admirer comme une œuvre d’art. J’ai équipé son chevalet d’un « piezzo », ce qui en fait une guitare incroyablement polyvalente. C’est une excellente électro-acoustique, idéale pour le « picking », une guitare de jazz parfaite grâce à son vieux « P90 » au son très chaud, et un outil sublime pour le blues en mixant les deux micros.

Un marchand de guitare a déniché cette ES125T aux US, dans un état proche du neuf. Une pure merveille.

Ecoutez la ici:

Gibson ES125T 1960

 

Fender "Stratocaster" de 1976

C’est une « 3 vis », période assez peu appréciée des amateurs de Strato. A cette époque, Fender faisait des économies sur la qualité des bois, sauf sur les modèles à vernis transparent, comme celle-ci, où les défauts du bois auraient été visibles. Les micros ont pris le son « vintage » dû au vieillissement naturel des aimants. Les sons "twang", en positions intermédiaires du sélecteur de micros sont bien présents. C’est une vraie Strato, ni plus ni moins. A l’origine elle était de couleur « Sunburst » noir et rouge, mais avec le temps, le rouge a quasiment disparu et ne subsiste que sous la plaque. Je l’aime bien mieux comme ça, avec juste le dégradé de noir. C’est une très belle guitare. En trio blues, j'apprécie la fabuleuse ergonomie de cette guitare, avec les boutons idéalement placés pour contrôler l'overdrive, et le vibrato légendaire. En groupe "folk", les sonorités "Strato" se marient très bien avec l'acoustique, en picking ou en slide.

Les mécaniques et le chevalet d'origine sont de piètre qualité. Tout en les conservant précieusement pour une éventuelle remise en l'état d'origine, je les ai remplacé, dans le but d'obtenir un instrument plus précis à accorder. Que les puristes de m'en veuillent pas, je n'ai rien fait d'irréversible !

On ne fera jamais mieux que la Strato. Tous les luthiers du monde ont essayé, et regardez sur quoi jouent les légendes du Rock !

 

Ecoutez:

Strato de 1976

Framus 5/51 de 1961

J’ai acheté cette guitare 200 Francs dans une brocante. Le manche était cassé en deux endroits. Je l’ai refait avec soin. J’ai ajouté un micro de Hangström, un chevalet « Tun O’matic », un cordier de Gibson, et j’ai retaillé la plaque. Le bouton vient d’un vieux poste de radio. Elle sonne comme un Dobro. C’est ma guitare pour le slide. Je l’accorde en open de Mi. Les cordes sont raides et montées hautes. J’aime beaucoup la ligne de cette petite guitare. Elle éveille bien des curiosités. Elle est parfaite pour l’usage qui lui est réservé. Elle figure dignement aux côtés de celles qui valent 100 fois plus cher.

Je l'utilisais beaucoup dans  le trio WooD:

WooD

 

Framus est une marque allemande, qui fabriquait des guitares et des violons depuis 1946. Dans les 60's, les marques américaines dominaient le marché des guitares "Folk" et electrique, mais leurs prix en Europe était innabordable. Les groupes anglais comme les Beatles séjournaient souvent en Allemagne, et beaucoup de Rock-stars débutaient avec des Framus ou des Hofner. Puis, dans les 70's, les guitares japonaises envahirent le marché. La qualité des instrument était incroyable en regard du prix demandé. Les marque allemandes tentèrent de faire des guitares bon-marché pour survivre, mais finalement firent faillite. Warwick reconstitua la marque en 1995. 

 

Gibson Les Paul

J’ai acheté cette guitare chez Manny’s à New York. C’est mon outil pour jouer dans les bars. Elle a pris bien des coups. Sa housse d’origine a brûlé après avoir glissé sur un projo allumé en back stage. Elle est indestructible. Elle peut servir d’arme de défense en cas de bagarre. On peut tout jouer sur cet instrument: Picking, Country, Blues, Jazz, Rock, Heavy Metal. C’est une guitare qu’on peut laisser plusieurs mois et retrouver toujours parfaitement accordée. Mon groupe de l’époque s’appelait « Lousy Dime ». J’ai collé sur la plaque un « Dime » qu’une amie m’avait ramené des US. Il y restera toujours. C’est la guitare sur laquelle je suis le plus à l’aise. Le manche est une perfection absolue de confort. Indispensable, on ne peut pas se passer d’une Les Paul. Rien d’autre ne chante comme ça. Elle est hyper sobre, un peu amochée, un peu modifiée, elle est très belle.

Hohner Classique solid-body

C’est une guitare à caisse pleine, comme une électrique. La rosace est fictive. Des cavités sont évidées dans la caisse pour l'alléger et sculpter le son. Elle est équipée d’un piezzo Shadow sans préampli. C’est une « classique » à cordes nylon. Un peu difficile à jouer, car le manche, même pour une classique, est très (trop) large. Je le retaillerai peut être un jour. Je l’ai achetée neuve en Allemagne à une époque où j’étais passionné par les guitaristes brésiliens. Elle sonne très bien pour la Bossa-Nova. Avec une pédale "Phasing", on retrouve les sonorités chères à Marcel Dadi. L’intérêt du « solid body » est qu’elle est insensible au larsen. J’utilise un préampli Fischmann externe. C'est une "Nylon", mais c'est tout de même très différent d'une vraie "Espagnole". Mieux vaut oublier le Flamenco. La forme est originale avec ce «cutaway ». C’est aussi une très belle guitare.

Morris W606M de 1975

Je l’ai achetée neuve à Pigalle un jour où Paris était parcouru par d’immenses manifestations. Pour attraper mon train, j’ai traversé le boulevard entre les CRS et les casseurs. Un manifestant casqué à dit : « Eh, le gars, là, il a une guitare, faut le protéger ! ». Dans les 70’s, jouer de la guitare était un acte militant.

Morris est une marque japonaise depuis les années 60, qui faisait des "copies" de qualité. Certains modèles sont devenues des "collectors" maintenant. Morris ne se contentait pas de copier des standards américains, mais y apportait des détails originaux et une esthetique parfaite. C’est une très belle copie de Martin « D », mais curieusement, la table était conçue légèrement bombée, ce qui devait rajouter du côut de fabrication. Elle a été « ma guitare » lors de ces années magiques. En accordage « open », elle sonne assez bien. Un mystère pour moi : Henri Salvador jouait sur une Morris. Je devais le rencontrer dans le cadre de mon boulot quelques mois avant sa mort, mais cela ne s’est pas fait. Je ne saurai jamais pourquoi il apparaissait toujours avec cette guitare alors qu’il pouvait s’acheter ce qu’il voulait… Il devait la trouver belle, comme moi.

Banjo 5 cordes « Bluegrass »

Il s'agit d'un banjo 5 cordes « Bluegrass » avec résonateur.

C’est un instrument « assemblé ». Le manche porte la marque « Epiphone ». C'est une marque américaine ancienne et prestigieuse, qui a été rattachée à la firme Gibson, et qui produit actuellement d'excellentes "copies" asiatiques. Certaines guitares Epiphone « made in USA » sont de grande valeur. En fait, ce manche provient d’un banjo fabriqué au Japon dans les 70’s. Le banjo d’origine était construit par la marque Aria, et un petit nombre a reçu le logo « Epiphone ». Il s’agissait de banjos ordinaires à corps métallique. Mais ce manche est très correct et très joli. Un joyeux bricoleur a eu l’idée d’assembler ce manche avec un corps en bois et des accessoires de qualité d’origine américaine. L’intention était bonne, mais la réalisation un peu…bricolo. J’ai acheté quelques accessoires US supplémentaires, et j’ai reconstruit ce banjo dans les règles de l’art. Je jouais ce banjo avec le trio WooD. Sur quelques photos sur ce site, on voit ce banjo dans l’état (assez bon, tout de même) où je l’ai acheté. La modification la plus visible concerne la peau. J’ai changé la peau Remo transparente d’origine par un modèle « Elite »granité afin d’obtenir un son moins « Crispy », comme disent très bien les Américains. Un détail, les Américains disent « Head », (la tête), pour désigner la peau. La pièce la plus déterminante pour le son est le « Tone Ring », grand anneau métallique sur lequel repose la peau. Ce banjo est équipé d’un « Flat Head Tone Ring », qui permet à la peau de vibrer sur un diamètre maximum, et qui a une forme conique percée de 20trous. C’est un must pour obtenir le son « Bluegras ». J'utilise ce banjo dans mon groupe "Wake up Woods", par exemple pour jouer une reprise en acoustique de "You shook me all nignt long" de AC/DC.

Banjo 5 Cordes VEGA "Little Wonder"

Je n'en ai pas deux, la photo représente les deux faces du même banjo, dans le but d'admirer son superbe manche.

« Little Wonder », ce nom convient parfaitement à ce banjo. Très léger, très fin, réalisé dans des matériaux de qualité. Une petite merveille ! Vega était avec Gibson, une marque prestigieuse de banjos. La marque ayant disparu, Deering a repris le nom pour son catalogue haut de gamme.

Encore un banjo 5 cordes, plutôt destiné au « Old Style » qu’au « Bluegrass ». Pas de résonnateur (open back) et un « tone ring » en bois biseauté, pour un son moins fort et moins percutant, mais plus chaud et délicat. Le bijou de cette merveille, c’est son manche, réalisé en érable tigré, comme le bois utilisé pour les manches de violons, avec une touche en ébène.

J’ai acheté ce banjo à une musicienne Lilloise. Ma grande surprise a été de constater que ce banjo (je veux dire le mien, le n° 7840) est celui qui est photographié sur le site de Thomann, célèbre marchand d’instrument en ligne situé en Allemagne. C’est normal, c’est le plus beau ! Un top model !

Bouzouki Irlandais

Quand je jouais de la musique celtique aux terrasses des cafés de Quiberon, dans les 70’s, quelques groupes Irlandais, comme le célèbre Planxty, étaient à la recherche de sonorités nouvelles pour rehausser leurs interprétations et se démarquer le la tradition folklorique. Planxty n’utilisait pas de violon. L’instrument principal était le Uilleann pipe, la plus raffinée des cornemuses, avec une sorte de clavier pour les basses, qu’on actionne avec le poignet. Pour l’accompagner, les guitares ne suffisaient pas. Ils ont essayé toutes sortes de mandolines, la guitarra  portugaise, des cistres, et des bouzoukis.

Le bouzouki est à l’origine un instrument grec. Sorte de grosse mandoline avec un long manche et un corps très bombé. Cet instrument possède des graves profondes, et un son métallique proche du clavecin. Il a très vite été adopté par tous les groupes celtiques. Le corps très rebondi n’est pas pratique pour jouer debout, alors des luthiers en ont fabriqué avec des corps plats. Les musiciens ont préféré le chœurs (doubles cordes) à l’unisson plutôt qu’à l’octave. Le Bouzouki Irlandais était né ! Il fait partie maintenant des instruments traditionnels de la scène « Irish ».

Acheté récemment, le mien n’est pas de grande qualité, mais il est plutôt joli, et parfaitement adapté à l’usage que j’en fais au sein de mon groupe « Wake up Woods », qui est plutôt dans le style… énergique. Je l’ai électrifié pour la scène. Il a pris sa place avec le banjo et la mandoline pour étendre les sonorités du groupe. Le très long manche permet, à l’aide de capodastre, de transposer facilement dans toutes les tonalités. Sur la page Facebook de Wake up Woods, vous pourrez l’entendre sur une reprise de Iron Maiden, par exemple !

 

"The Trooper" par WUW

 

Mandoline The Loar LM520 VS

C’est une copie de mandoline Gibson F5. « The Loar » est une marque américaine qui fait construire ses instruments en Chine. « The Loar » reprend le nom de Loyd Loar, acousticien américain du début du 20è siècle, qui a conseillé Gibson pour la réalisation de la mythique mandoline F5. Ces innovations ont permis à Gibson de gagner le prestige que la marque a gardé jusqu’à nos jours.

Cette copie est très correcte, au regard du prix demandé. Les bois sont « massifs », et l’esthétique très réussie. On ne peut pas jouer de cet instrument seul. Il a besoin d’être accompagné au moins d’une guitare. Dans les orchestres « Bluegrass », sa sonorité est indispensable pour coller au style.

Elle était indispensable à mon panel d’instruments typiquement américains. C'est maintenant l'instrument que j'utilise le plus avec mon groupe "Wake up Woods".

 

Drunken Lullabies

Harmonicas Hohner « Marine Band »

Fabriqués en Allemagne, les harmonicas Hohner « Marine Band » sont devenus des instruments indissociables de la musique américaine, que ce soit dans la Folk-Music, la Country ou le Blues.

Ce sont des instruments diatoniques. On les trouve dans chacune des tonalités. On peut les utiliser de deux façons. Avec la « tonique » en soufflant, ou en aspirant. Par exemple, avec un harmonica en La, on peut jouer un morceau en tonalité majeure de La, ou en gamme « blues » de Mi. On peut aussi « tricher » et obtenir les 12 demis tons de la gamme sur chaque harmonica.

En combinant les transpositions de la guitare par l’utilisation d’un capodastre, quelques harmonicas suffisent pour tout un répertoire.

Avec un « porte harmonica », le guitariste devient un orchestre.

La respiration du son de l’harmonica permet à ce minuscule instrument de produire une expression proche de celle du chant, et d’exprimer tous les sentiments avec profondeur.



Basse électro-acoustique Ibanez AEB10

Ibanez était une marque de guitare espagnole qui fut rachetée en 1933 par le japonais Hoshino Gakki. Après la guerre, toute la production fut effectuée au Japon. Ibanez s'est hissé au niveau des "grandes" marques de guitares en proposant des modèles originaux et non pas seulement des copies. Certaines de ces guitares sont maintenant des "classiques", comme les modèles 7 cordes destinées au Metal Rock, ou la fabuleuse "Georges Benson" pour le jazz. La qualité de lutherie Ibanez est irréprochable.

Cette AEB est une guitare basse electro-acoustique équipée d'un système capteur-préampli de qualité, et d'une "boite de direct" intégrée pour pouvoir par exemple se brancher sur la console d'un studio avec un câble symetrique XLR. La caisse sert surtout à "modeler" le son amplifié dans le but de sonner "acoustique". Elle n'est pas vraiment utilisable sans ampli, sauf pour travailler à la maison.

Ce n'est pas une guitare très chère, mais elle est absolument magnifique, d'une qualité de fabrication parfaite, et elle sonne ! Une Ibanez, quoi !

On a toujours besoin d'une basse pour enregistrer ou faire le boeuf. Celle ci est passée par chez moi à l'occasion d'un projet de vidéo, et je ne l'ai pas laissée repartir. 



"Classique" espagnole Cuenca 10

J'ai acheté cette guitare neuve dans les années 80.  J'avais besoin d'une "classique" à cordes nylon, et pas beaucoup de budjet. J'avais jeté un oeil sur de magnifiques japonaises, Yamaha ou Morris, mais j'ai trouvé pour moins cher encore cette authentique Ibère, entièrement faite de bois massif, avec une table d'harmonie en cèdre. Par rapport au spruce, le cèdre donne un son plus chaud et riche. Moins d'aigues, mais beaucoup de puissance.

Elle à voyagé depuis, et participé à des spectacles pédagogiques... Elle en garde les traces, mais elle sonne toujours très bien !



Landola D-855

Landola est une marque de guitares finlandaise depuis 1942. Le succès de l'entreprise a été propulsé dans les 60's par des stars nationales qui jouaient sur Landola. Guitares de qualité innovantes, elles bénéficiaient de bois traités thermiquement par un procédé nouveau. Dans les 80's, des projets ambitieux sur le marché américain ont causé la faillite de Landola. Un petit atelier de lutherie a repris le flambeau en construisant 200 guitares de qualité par an.

Un ami possédait cette belle scandinave mais ne s'en servait pas. Il ne lui a pas fallu beaucoup d'arguments pour me convaincre de l'acheter. C'est une magnifique blonde (normal) dont les éclisses et le dos sont en bouleau. La finition est parfaite. Le son est cristallin et puissant. Elle était quasiment neuve à son arrivée chez moi. Elle ne s'est pas encore complètement déployée.

J'ai acheté cette guitare sans trop savoir à quoi elle me servirait. J'ai eu l'idée de l'accorder en "DADGAD", l'open-tunning favori des musiciens celtiques. Quel confort d'avoir une guitare en permanence accordée ainsi. Très récemment, j'ai approché le milieu "Irish" de Strasbourg. Et ce fut une évidence : C'est la guitare idéale pour la musique Irlandaise ! Il faut du coffre pour se faire entendre entre les flutes, violons et bodhrans !

Encore une fois, un instrument est passé à portée de ma main pile au bon moment!



Accordéon diatonique Koch de 1939 

Petit conte de Noël 2019 :

Quand j'étais gamin, j'allais de temps en temps passer des vacances chez mon Parrain, Jean Augis, retrouver mon cousin Pierre. Chez mon Parrain, on trouvait toute sorte d'instruments. Celui qui me fascinait le plus, c'était un petit accordéon. Je n'arrivais jamais à en sortir la moindre mélodie, intrigué par le faible nombre de boutons, et la disposition incompréhensible des notes. Puis mon parrain est décédé, et lorsque je suis repassé dans la maisons depuis, je ne voyais plus le petit accordéon. J'ai perdu de vue mon cousin Pierre pendant très longtemps. Et puis surprise, à l'automne 2019, il débarque chez moi. Nous parlons des heures du temps jadis, regardons des photos, et restons en contact par internet. A Noël, un message m'annonce qu'un colis sera livré chez moi. 

Le petit accordéon ! Je ne l'avais pas vu depuis quarante ans ! Un tel événement impose un défi : « J'en jouerai sur scène avant l'été ! ». J'ai été plus rapide, j'ai joué un morceau à l'accordéon diatonique lors du dernier concert de "Wake up Woods" avant le confinement, en Mars 2020 à Haguenau.

 

La particularité d'un accordéon diatonique est qu'on peut jouer deux notes avec le même bouton, selon qu'on gonfle ou dégonfle le soufflet. Le clavier de la main droite se comporte comme deux harmonicas diatoniques superposés. A la main gauche, on dispose d'un certain nombre d'accords et de basses. Au début, on se dit que ceux qui ont inventés cet instrument devaient avoir picolé ce jour-là. Et puis en travaillant, on comprend que c'est une merveille d'ergonomie.

 

Ce Koch date de la fin des années 30. Un détail historique en témoigne: Les plaquettes qui supportent les anches sont en zinc. Cela montre que l'instrument a été fabriqué pendant les années où l'aluminium était réquisitionné pour construire des avions en prévision de la guerre qui s'annonçait. Il a été très peu joué, et malgré les décennies de sommeil, il est en parfait état. J'ai rajouté un système de micros pour être à l'aise sur scène. Il y a deux petits micros sur le sommier de droite, et un à gauche. Un petit boitier mixe les sons et les envoie à la sono par mon émetteur sans fil.

 

Quand je vous dis que les rencontres avec mes instruments sont magiques !

 

P.S. J'ai confié cet instrument à l'excellent Pascal Didelot de "Accordéon Centre Alsace", à Colmar, le seul réparateur dans notre région. Il l'a entièrement remis à neuf, accordé et réglé pour avoir un son "folk" comme on aime maintenant, avec moins de vibrato. Il a aussi "occulté les tierces", de façon à ce que les accords à la main gauche puissent être utilisés en majeur ou en mineur. Il  a rajouté des coussinets pour que la fermeture des clapets s'entende moins, surtout quand j'utilise le système de micros que j'ai installé.

C'est une renaissance. Ce petit accordéon vieux de plus de 80 ans est revenu à l'état neuf ! 

 

Banjo 5 cordes "open back"

J'étais encore au Lycée quand j'ai acheté ce banjo à François Vercambre qui devait être un des rares banjoïstes 5 cordes français à l'époque. Son premier banjo? Sans doute. C'est un banjo ordinaire fabriqué au Japon sans marque apparente avec un corps en aluminium. Il disposait d'un résonnateur que j'ai démonté pour en faire un "open back". Le manche est resté très droit. Je l'ai monté en cordes nylon, comme les très vieux banjos américains. Le son est très doux et chaud. Il est très bien, ce banjo, pour travailler "old style".

 

Guitare "sèche" 1963

Ma première ! C'était mon cadeau de Noël de mes huit ans ! Dans sa housse à carreaux, je l'emmenais dans le bus à Compiègne pour prendre des cours chez Madame Durussel. Plus tard, au lycée, j'ai acheté ma belle Morris, mais la vieille "sèche" m'a accompagné sur les voiliers quand je naviguais en Bretagne, puis en Allemagne pendant mon service militaire. Le petit trou dans la table témoigne de mes premiers essais d'électrification ! Un peu fendue, un peu tordue, elle donne toujours le son des premiers jours. 

Dans les années 60, on appelait "guitare sèche" des instruments de fabrication européenne, avec des cordes en acier, un chevalet flottant (non collé) et un cordier trapèze. On ne voyait pas encore dans les magasins de province de "Flat top guitars" américaines. On avait le choix entre les "classiques", avec cordes nylon, et les "sèches". Leur fabrication s'apparente aux guitares jazz manouche, une autre particularité européenne.

IBANEZ AF75-BS Artcore

Je vous l'ai expliqué plus haut à propos de ma basse électro-acoustique Ibanez, cette marque était espagnole jusqu'en 1933, date à laquelle elle fut rachetée par un japonais. Depuis quelques années, comme beaucoup de marques japonaises, une partie de leur production vient de Chine. C'est le cas de cette AF75 "Artcore". Et il faut reconnaitre que ces guitares sont d'une qualité impressionnante au regard de leur prix.

Cette jolie guitare "de jazz", comme on dit en France avait été achetée par un ami musicien dans un état d'entretien assez déplorable. Je m'étais chargé de lui refaire une beauté et de la régler "aux petits oignons". Pièces corrodées, pontet de chevalet cassé... il y avait du boulot. Remise en état, cette guitare a maintenant l'aspect du neuf. J'ai sans doute un peu trop dit à son propriétaire que je la trouvais magnifique, il m'a proposé de lui racheter, et forcément, j'ai craqué. 

J'adore les Ibanez. Comme Yamaha, cette marque est entrée dans la "cour des grands" en créant des modèles originaux devenus des classiques, et en ne proposant que des modèles de qualité pour une variété de budgets très large.

Cette guitare illustre très bien la chance qu'ont les jeunes musiciens actuels : Ils peuvent s'offrir des instruments de qualité professionnelle pour des prix très raisonnable. Dans les années 70, une aussi belle guitare aurait couté plusieurs mois de salaire d'un employé. Celle-ci coute actuellement le prix d'un petit loyer. 

Je suis sous le charme de cette "petite" chinoise. Je l'ai équipée de cordes à filet plat, et instantanément, elle s'est mise à chanter de cette voix "Jazz" certes stéréotypée, mais tellement envoutante. Je n'avais pas encore de guitare typée jazz, du fait que j'utilise ma Gibson ES125 de façon très polyvalente, comme une électro-acoustique. 

C'est vraiment une excellente guitare, très belle, et je n'ai pas trouvé le moindre défaut de finition. Quelle chance qu'elle soit passée par chez moi et que j'ai pu la retenir !